Jean-Claude Vollmer, spécialiste du marathon et entraîneur de Morhad Amdouni, nous explique les particularités du parcours olympique de Paris. « Vous aviez déjà reconnu le parcours à plusieurs reprises, mais votre perception a-t-elle changé en regardant les athlètes courir dessus ? Je savais qu'il était dur. Si on le regarde bout à bout, cela ne semble pas si compliqué. Mais il faut le voir en réalité. Lorsque vous montez une colline en courant, ce n'est pas la même chose que courir au rythme d'un marathon. C'est un chemin difficile. Les 15 premiers kilomètres constituent un parcours parisien classique avec de petits dénivelés que même les sportifs de haut niveau peuvent facilement maîtriser. Depuis le Pont de Sèvres, c'est une sorte de montagne russe constante. Il y a ce mur dans le Pavé des Gardes qu'un skieur voit lorsqu'il se tient à la fin de son slalom. Psychologiquement, c'est un choc. Une pente de 8 % entraîne une réduction de vitesse de 27 %. La gestion du rythme sera cruciale. Les premières pentes permettent de développer sa foulée et sa course. Dans les cas importants, ils perdent jusqu'à 50 % de leur apparence. Sur le pavé ils atteindront bien sûr jusqu'à 4'30 au kilomètre (13,3 km/h contre une allure classique d'environ 20 km/h). En revanche, en descente, les choses se dégradent très rapidement, mais des tensions musculaires peuvent survenir. Le profil de l'itinéraire. Selon vous, quelles tactiques devriez-vous utiliser ? La conscience de soi et la régulation de votre rythme feront toute la différence. Je crois qu'il faut faire du cardio pour se réguler et ne pas se mettre dans la zone rouge. Si un groupe part rapidement, on ne sait pas comment les athlètes vont réagir par la suite. C’est la quadrature du cercle. Il faut se gérer par rapport aux autres. Un homme qui vaut 2 :08 ne battra pas un homme qui vaut 2 :03, même s’il entre bien. Mais il peut y avoir des surprises en cours de route. La chaleur jouera également un rôle. Ce sera un match de boxe. On tente des choses, on marque, on encaisse des coups jusqu'au bout. Cela n'a rien à voir avec un marathon classique. Il faut intégrer les subtilités du cours, il faut les mémoriser. « Cela peut être un véritable désastre lorsque les ischio-jambiers se coincent et que les quadriceps explosent. » Jean-Claude Vollmer à propos du marathon des Jeux Olympiques de Paris. Nous parlons du marathon le plus difficile de l'histoire aux Jeux olympiques… L La séquence haut-bas peut se briser, provoquant une dévastation musculaire. Cela peut être un véritable désastre lorsque les ischio-jambiers se coincent et que les quadriceps explosent. Ce sera un spectacle permanent avec une grande incertitude. Ce sera passionnant à suivre. Le parcours sera le même pour le Marathon Pour Tous (10 août, 21 heures), il y a donc un risque que les amateurs subissent également des avaries. Pour le grand public, il faut oublier la notion de performance. Vous ne devriez pas avoir honte de marcher. Ils courront dans le Pavé des Gardes car les bons coureurs seront aussi à proximité. Pour ceux qui n’ont jamais couru de marathon, ce sera une épreuve assez horrible. »

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